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Stockage et pourrissage de l'argile préparée
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Cave [23087] de l’atelier de potier en période La Tène D2b jusqu'à Auguste. Dans le coin supérieur gauche, l'emmarchement pour y accéder :

Les fouilles ont mises au jour des constructions caractérisées par l’usage exclusif de pierre sèche et l’omniprésence d’une terre argileuse beige-jaune rencontrée pour la première fois sur l’oppidum. Des milliers de tessons de céramique de l’époque césarienne à augustéenne affleuraient à la surface des sols. Des surcuits ou ratés de cuisson et la découverte d’un four de potier permet d’interpréter cette zone comme productrice de céramique. L’ensemble bâtiment sur solins, bassin, puits, caves, fosses de tour et four constitue un véritable atelier de potier.

Cette petite cave de 6 x 2,2 m (13,2 m2) est en partie parementée en pierres sèches (module 20 cm) dans le substrat rocheux sur une profondeur d’environ 1,4 m. Elle est prolongée à l’Est d’un emmarchement taillé dans le basalte constitué de deux marches orientées en diagonale par rapport au seuil donnant sur un palier. Son angle sud-ouest disposait d’une rampe d’accès. Huit niveaux de comblements furent dégagés (planche 13 du rapport de fouille) mais l’un des plus profonds étaient constitués d’un sédiment argileux homogène brun-clair beige, avec la présence de plusieurs vases céramiques écrasés quasi complets, de la faune et des fragments de TCA (terres cuites architecturale, tuiles …). Le plus profond était un épandage avec des tuiles tegulae presque complètes disposées à plat, disposé sur une couche de mortier comprenant des fragments d’enduits peints monochromes et polychromes (du IIe siècle de notre ère) et des fragments de mortier de tuileau.

On peut affirmer que cette cave a connu deux états de fonctionnement. À l’origine creusée dans le basalte et parementée, elle disposait de la rampe d’accès (ou escalier en bois) et d’une ouverture à l’Est comme soupirail dans le but du stockage de l’argile. Dans un second temps, la rampe d’accès fut bouchée par un parement en pierres sèches et l’ouverture à l’Est réaménagée en emmarchement probablement pour un usage de cellier domestique.

Dans un espace réduit, l’atelier de potier de l’oppidum de Corent offre une vision globale et exhaustive de la chaîne opératoire de production des céramiques de l’époque de La Tène D2b jusqu’à l’époque augustéenne. Les étapes sont : le nettoyage de l’argile, le stockage, le mouillage, le tournage, le séchage et enfin la cuisson.

La matière première provenait probablement des couches d’argile qui affleurent à la base du plateau. Le bassin [23283] était utilisé pour le délayage de l’argile brute dans l’eau, afin de séparer les impuretés, plus ou moins grosses, par décantation et sédimentation. Le dallage de basalte [23264], aménagé contre le bassin [23283], pouvait être une aire de marchage (désaérage, malaxage) ou de stockage de l’argile en attente du façonnage pour ressuage. L’argile, nettoyée et dégraissée, était stockée à plus ou moins long terme comme réserve dans la cave [23087] et pour le pourrissage. Elle disposait d’une rampe d’accès à plan incliné [23097]. L’eau du puits [23124] permettait le mouillage de l’argile avant et durant le façonnage des céramiques. Une structure surélevée en pierre [23145], retrouvée recouverte d’argile, était probablement une aire de mouillage et de malaxage pour conserver l’argile malléable. L’argile prête était amenée au tour [23073] grâce à des dolia, des corbeilles ou des paniers. De nombreuses boulettes de pigment rouge vif ont été retrouvées mélangées à l’argile accumulée sur les sols de l’atelier. Le tour de la fosse [23073], était à axe mobile et devait mesurer de l’ordre d’un mètre de diamètre. Plusieurs fosses présentes sur la zone de l’atelier peuvent être interprétées comme des fosses de tournage. Les céramiques tournées étaient probablement séchées avant la cuisson au-dessus d’un foyer [23050], sur des étagères adossées au four. Le four [23040] est composé d’une chambre de chauffe circulaire d’environ 1 mètre de diamètre couverte par une coupole, et d’un alandier aménagé avec un monolithe de basalte. La sole (plancher où l’on pose la céramique à cuire) pouvait être de deux types : une sole construite supportée par le plot central, ou une sole à rayon supportée par un décochement circulaire et le plot central.

18000 fragments de céramique et 42000 tessons ont été retrouvés dans l’atelier de Corent. L’atelier semble avoir produit une majorité de céramiques fines grises sombres durant la Tène D2b (type originaire depuis la Tène moyenne de -400 à -320, enfumage mieux maitrisé) ou froides (chez les Arvernes depuis la Tène D1 de -150 à -70) (72%) et des engobées rouges (10%) ou blanches (6%) (La Tène D2b de -50 à -30).

Photographie 2D :

 

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